L’arrivée en force de l’intelligence artificielle (IA) dans le monde du travail modifie en profondeur le quotidien de la fonction RH. Entre adhésion et hésitations, les professionnels du secteur sont partagés. Revue de détails.

 

L’IA, un sujet au cœur de l’actualité

À la fois fascinante et inquiétante, l’intelligence artificielle agite les esprits. De la réalité à la virtualité, certains franchissent allègrement le pas, prédisant un remplacement des humains par des algorithmes. D’autres imaginent un partage plus équitable des tâches.
Fin mars, la remise du rapport du mathématicien et député Cédric Villani constituait une forme de mise au point.

Cette étude pointe notamment la relation entre l’IA et l’emploi. Elle souligne la nécessité d’anticiper les transformations à venir : mutation voire disparition de certains métiers et émergence de nouvelles professions. Elle insiste par ailleurs sur la nécessité de former ceux dont les fonctions finiront par être automatisées, afin de les orienter vers d’autres postes. Cédric Villani explique enfin, comment l’intelligence humaine et l’intelligence artificielle pourraient se compléter plutôt que s’affronter.

 

Une présence des technologies à la hausse

La numérisation a le vent en poupe. Les processus informatisés investissent de nombreux départements de l’entreprise. Avec l’intelligence artificielle, une partie des décisions s’effectue de manière automatique, y compris dans le domaine des RH.

Parmi les usages les plus courants, citons :

  • l’envoi automatique de messages adressés à des groupes cibles via les médias sociaux
  • la formation et le développement du personnel
  • l’utilisation de chatbots (agents conversationnels)
  • l’analyse des candidatures et des CV

 

L’intelligence artificielle divise les professionnels RH

Comment la fonction RH envisage-t-elle le recours croissant à la numérisation ? Pour répondre à cette question, SD Works a mené une étude* en collaboration avec iVox en Europe auprès de 3 000 professionnels.

Au premier abord, les professionnels semblent plutôt favorables. Pour 57%, l’IA constitue une opportunité et pour 43%, une menace. Plus de 64% considèrent l’essor de l’IA comme un levier pour augmenter l’impact du département RH sur l’activité de leurs entreprises. Ils restent cependant prudents sur le rôle de leur département au sein des organisations suite à l’essor de l’IA. En effet, 44% pensent qu’il ne changera pas, 35% l’imaginent plus important et 21%, moins important.

 

Espoirs et inquiétudes

Si la numérisation facilite le travail des professionnels RH, elle peut représenter une forme de péril pour leur avenir. Parmi les points positifs, la moitié des sondés estiment que l’IA pourrait créer davantage d’emplois d’ici à 2025. Ils sont en majorité d’accord sur l’influence de l’IA sur de nombreux processus RH, tels que :

  • le suivi du temps et des présences
  • le recrutement et la sélection
  • la gestion des rémunérations
  • les formations et le développement
  • la gestion des performances

 

Dans le domaine du recrutement, les professionnels RH s’appuieront sur des compétences différentes pour sélectionner les candidats. Capacité à résoudre des problèmes complexes, gestion des personnes, créativité… seront particulièrement mises à l’honneur.

Du côté des craintes, 66,6% des professionnels RH français pensent que l’IA fera disparaître des emplois dans leur secteur d’ici à 2025. Leurs collègues européens les suivent à 59,5%.

 

 

 

(*) Enquête menée en France, aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne et au Royaume-Uni auprès de 1 000 professionnels RH.