En France, de nombreux secteurs d’activité sont encore considérés comme « féminins » ou « masculins ». Mais certains métiers opérationnels tels que le BTP ou le transport et la logistique évoluent. Ils s’ouvrent à la mixité et accueillent de plus en plus de femmes dans leurs rangs. Cette ouverture apporte des bénéfices à l’ensemble des salariés et à l’entreprise.

 

Emploi : les disparités homme/femme

En France, le taux d’emploi des femmes a constamment progressé ces dernières années. Ainsi, entre 2007 et 2017, il a augmenté de 3,1 points, contre 1,2 points seulement pour les hommes. Au total, ce sont 67,6% des femmes qui sont actives, et 75,6% des hommes. Il reste donc encore un écart de 8%.

En ce qui concerne le type de poste exercé, les disparités sont fortes :

  • 42,9% des femmes occupent un poste d’employé, et seulement 12,6 % des hommes.
  • 15,2% des femmes occupent un poste de cadre, contre 20,6% d’hommes.
  • 12,9 % des femmes sont en CDD, et 8,8% des hommes.
  • 29,6% des femmes travaillent à temps partiel, contre 7,7% des hommes.

Autre facteur à prendre en compte : le taux de chômage. Ici, la tendance s’inverse depuis quelques années. En effet, en 2017, on enregistrait 9,5% de taux de chômage pour les hommes, et 9,3% pour les femmes. Mais malgré cela, certains facteurs de fragilité demeurent. À poste égal, l’écart salarial entre hommes et femmes est en moyenne de 27% au détriment des femmes. En parallèle, 2 fois plus de femmes que d’hommes touchent le Smic (salaire minimum légal).

Au niveau européen, le taux d’activité et le taux d’emploi de la France sont en dessous de la moyenne. La Suède, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Danemark notamment, présentent des chiffres nettement supérieurs. À l’inverse, le taux d’emploi des femmes en France est supérieur à la moyenne européenne.

Mais la mixité en France est loin d’être en place, puisqu’on estime que seulement 17% des métiers sont mixtes actuellement. La majorité des femmes en activité est regroupée dans 12 catégories socio-professionnelles sur les 87 existantes. Certains secteurs cristallisent particulièrement ce manque de mixité. Dans les métiers du soin et de l’aide, par exemple, on trouve 97% de femmes.

 

BTP, transport et logistique : des secteurs qui évoluent

 

Le BTP

Bien que le BTP soit un secteur traditionnellement masculin, il est en train de s’ouvrir peu à peu aux femmes. En 2000, les effectifs féminins ne représentaient que 8,6% des salariés. En 2017, ce chiffre est monté à 11,9%, et il continue de croître.

Même si les femmes sont de plus en plus présentes, la répartition des postes qu’elles occupent n’est pas homogène. On trouve :

  • 1,3% de femmes seulement dans les métiers de production,
  • 7% dans les métiers techniques et d’encadrement de chantiers,
  • 53,8% dans les métiers administratifs.

Cette répartition est toutefois appelée à évoluer dans les années à venir. 2 raisons à cela :

  • L’augmentation du niveau de formation des femmes travaillant dans le BTP. 14% d’entre elles possèdent un diplôme de niveau Bac+3, et 25% une formation ingénieur ou équivalente. Le nombre de femmes occupant des postes à responsabilité est donc susceptible d’augmenter.
  • La mécanisation des tâches et l’arrivée de machines de plus en plus maniables est également favorable à l’emploi des femmes.

 

Le transport et la logistique

Dans le secteur du transport et de la logistique, la proportion de femmes est plus élevée que dans le BTP. En 2013, le pourcentage de femmes était de 20%.

On peut attribuer cela au développement de certains postes accessibles aux femmes : magasinière cariste, responsable d’exploitation, préparatrice de commandes. Comme dans le BTP, la majorité des postes occupés par les femmes ne sont pas opérationnels : coordination, prévention, RH.

Dans les transports, les emplois à pourvoir sont pourtant nombreux. En effet, le secteur connaît une pénurie de main-d’œuvre et des difficultés de recrutement. Favoriser l’embauche des femmes pourrait être une solution. Actuellement, 28% des femmes exercent dans le transport routier de voyageurs, et 40% dans le transport sanitaire. Seules 10% des femmes travaillent dans le transport routier de marchandises, encore souvent perçu comme un « métier d’homme ». A contrario, 1/3 des cadres, techniciens et agents de maîtrise dans le domaine du transport sont des femmes.

 

Les bénéfices de la mixité

Au sein de l’entreprise, la mixité apporte de nombreux avantages. Elle est tout d’abord la garantie d’un climat social plus harmonieux, car elle permet une réflexion autour des conditions de travail.

Cette réflexion peut s’organiser autour de différents axes :

  • Réduire la pénibilité de certains outils de travail et les améliorer pour le bénéfice de tous les salariés.
  • Revoir les horaires de travail pour les rendre plus flexible, et réduire également le présentéisme.
  • Travailler sur l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle.

 

La mixité est également un facteur de compétitivité. Recruter des profils variés permet de lutter contre l’uniformisation et d’assurer une diversification des compétences qui est toujours la bienvenue. De plus, cela permet à l’entreprise de s’adapter davantage aux besoins de sa clientèle et d’être plus performante.

Pour le recrutement, l’ouverture à la mixité est aussi un atout. Elle permet d’élargir son panel de candidats, et d’embaucher plus rapidement en cas de pénurie. Et pour les postulants, c’est un facteur d’attractivité indéniable.

En termes d’image, la recherche de la mixité et de l’égalité professionnelle est très valorisante pour l’entreprise. C’est un atout précieux pour se démarquer face à la concurrence, et qui est apprécié des clients et partenaires. Enfin, c’est un facteur clé de la démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises).

Pour rappel, les entreprises de 50 salariés et plus sont tenues à des obligations légales en matière de mixité. Elles doivent instaurer une négociation collective portant sur l’égalité professionnelle. Cette négociation doit aboutir sur un accord ou bien un plan d’action. Pour les entreprises qui ne respecteraient pas la loi, une pénalité correspondant à 1% de la masse salariale est prévue.

Les facteurs de changement en faveur de la mixité sont nombreux : évolution des mentalités, progrès techniques, support législatif… Toutes ces mutations convergent vers une entreprise plus juste mais aussi plus performante. Comme nous l’avons vu, la mixité est source de diversité et d’émulation.

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