Le Fika : La pause-café à la suédoise

Derrière ce nom énigmatique se cache un rituel typiquement suédois. Bien plus qu’une simple pause, il s’agit d’un moment de détente et de partage autour d’un café et d’une pâtisserie. L’aspect convivial est fondamental : il est impensable pour un suédois de prendre cette pause seul. D’ailleurs, la position hiérarchique importe peu, tout le monde se mélange.Le rituel s’est institutionnalisé, il fait partie de la vie quotidienne et surtout de la vie en entreprise.Dans de nombreuses sociétés, les employés ont droit à 2 pauses fika par jour, de 15 minutes chacune. Le fika a même un endroit dédié dans certains bureaux : le fikarum. On y trouve du café chaud et des kannelbullar, petites brioches à la cannelle dont les suédois sont particulièrement friands.

D’autres pays ont également adopté ce type de pause traditionnelle. On peut penser notamment au tea time britannique et à la merienda espagnole et sud-américaine.Malgré tout, les suédois sont de loin les plus fidèles et les plus réguliers dans leur pratique quotidienne du fika.Il n’est donc pas étonnant de constater que la Suède est un des plus gros consommateurs de café au monde. Mais les Suédois sont aussi les employés de bureau les moins stressés qui soient. Pour eux, le fika semble être définitivement le secret du bonheur au travail.

La pause-café en France

Preuve que la pause-café représente un poids économique conséquent, plusieurs études ont été menées à son sujet. En effet, le café est la première boisson consommée sur le lieu de travail. On comprend dès lors qu’il représente un marché très lucratif pour les professionnels du secteur.

Une étude a été réalisée par l’IFOP pour Nespresso Business Solutions. D’après cette étude, les trois quarts des travailleurs boivent au moins un café durant leur journée de travail. Près d’un sur deux (47%) commence sa journée de travail avec un café. Les salariés français consomment en moyenne trois cafés par jour sur leur lieu de travail.

La pause-café demeure un rituel important pour les Français : 9 salariés sur 10 (89 %) déclarent en faire une. Le phénomène semble s’inscrire dans le temps, car la jeune génération est particulièrement attachée à ce rituel. Ces données sont extraites d’un

sondage réalisé pour Carte Noire par l’IFOP sur les nouveaux codes de la pause-café.

Une autre étude, réalisée par LH2 et Market Vision pour Nespresso, s’est penchée sur les habitudes de consommation des salariés. Sans surprise, c’est le café du matin qui est plébiscité par 44% des sondés. Vient ensuite le café de début d’après-midi, qui conclut le repas pour 40% des sondés. Le café de milieu ou de fin d’après-midi est celui qui remporte le moins de suffrages, avec seulement 23% d’amateurs.

Les bienfaits de la pause-café

Les vertus dynamisantes du café ne sont plus à prouver : augmentation de la vigilance, bonne humeur, meilleure concentration. Mais d’autres bienfaits indirects, plus subtils, interviennent dans le cadre de la pause-café en entreprise.

La qualité de vie au travail, ou QVT, est un marqueur déterminant de la politique qualité des entreprises. À ce titre, la pause-café, en tant que moment de convivialité et de bien-être, y contribue. Grâce à sa régularité, elle permet, jour après jour, le renforcement des liens sociaux et une meilleure cohésion d’équipe. C’est un temps d’échange informel qui permet de mieux se connaître et d’apaiser les tensions éventuelles entre collègues.

Côté managers, cela peut être aussi l’occasion de faire passer un message délicat. Dans un moment où les relations hiérarchiques sont moins affirmées, il est parfois plus facile de dire les choses. Pour de nombreux responsables de service, la pause est souvent utilisée comme un outil de « management furtif ». Elle permet alors de renforcer la cohésion et l’esprit d’équipe. Cette opinion est partagée par 79% des responsables des ressources humaines, toujours suivant une étude commandée par Nespresso.

Autre aspect bénéfique : la pause-café jouerait un rôle important dans le transfert de compétences entre salariés. Comment ? En favorisant le partage d’idées et l’entraide entre collègues, qui peuvent alors échanger à propos des problèmes qu’ils rencontrent. En dépit d’une inefficacité apparente, la pause-café peut donc être vue comme un vecteur de productivité dans l’entreprise.

Rappel : ce que prévoit la loi en matière de pause

Chaque travailleur dont le temps de travail quotidien dépasse 6 heures a droit à une pause. Cette pause doit durer au moins 20 minutes consécutives, elle permet au travailleur de vaquer à ses occupations personnelles. La durée de la pause peut être supérieure à 20 minutes en fonction de la convention et de l’accord d’entreprise.

Ce temps de pause est fractionnable : le salarié peut très bien choisir de prendre deux pauses de 10 minutes. La pause peut également être accordée avant que les 6 heures de travail soient écoulées.

À savoir : pour les travailleurs mineurs, les conditions sont différentes. Ils doivent prendre une pause de 30 minutes après seulement 4h30 de travail ininterrompu.

Pour plus d’informations : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1911

Aujourd’hui, la pause-café est toujours un moment informel, où vie professionnelle et vie privée se mêlent. Ce temps d’échange est ancré dans la vie de l’entreprise, il est aussi vieux que l’existence du travail lui-même.

 

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