Au sein de notre société, l’âge de départ à la retraite est en constant recul. Chaque salarié est donc destiné à passer une partie de sa carrière en tant que senior.

Entre idées reçues et réalité, quelle est la place qu’occupent les seniors dans l’entreprise ?

 

A quel âge devient-on senior ?

La signification du mot « senior » a évolué depuis quelques années, et n’est plus aujourd’hui synonyme de 3ème âge.

Mais pour autant, qu’est-ce qu’un senior ? Les définitions diffèrent selon les secteurs.

  • Dans le langage courant, la tranche d’âge des seniors précède celle des personnes âgées, aux alentours de 50 ans.
  • Pour l’administration par exemple, on devient senior à 50 ans.
  • Dans la sphère professionnelle, les actifs sont considérés comme seniors à partir de 45 ou 50 ans. Les seniors sont donc les personnes en activité qui entament la dernière partie de leur carrière.
  • En entreprise, un senior est une personne pouvant se prévaloir de plus de 15 ans d’expérience, peu importe son âge. Un professionnel ayant débuté sa carrière à 25 ans peut donc être considéré comme senior dès l’âge de 40 ans. Certains cabinets de recrutement sont plus exigeants et exigent 20 ans d’expérience pour accéder au statut de senior.

 

En France, les 50 ans et plus représentent presque un tiers de la population, soit 20 millions de personnes. Avec l’allongement de l’espérance de vie, cette proportion va forcément aller croissant. La question de l’emploi des seniors est donc centrale au sein de l’économie française.

 

Les idées reçues à propos des seniors

Les stéréotypes concernant les seniors sont nombreux, et constituent parfois un frein à l’embauche pour les recruteurs. Les seniors sont souvent considérés comme trop chers, peu flexibles ou résistants au changement.

Selon les seniors eux-mêmes, le coût élevé de leur recrutement serait le principal obstacle rencontré lors d’une recherche d’emploi. Les entreprises hésiteraient à effectuer cet investissement, craignant qu’il ne soit pas assez rentable sur le long terme. De fait, lors d’un recrutement, les seniors peuvent se retrouver face à des candidats plus jeunes et moins chers qu’eux. Les seniors devront alors faire valoir leur expérience, acquise au fil des années. En effet, toutes les entreprises ont besoin d’experts capables de transmettre leur savoir-faire aux nouvelles générations.

Parmi les autres idées reçues à propos des seniors, on trouve le manque de motivation, ou une mobilité restreinte. La lenteur d’apprentissage, le manque d’intérêt pour la formation et des difficultés d’accès aux nouvelles technologies complètent ce tableau.

Mises bout à bout, toutes ces idées reçues constituent une représentation stéréotypée très négative du senior. Cette représentation est paradoxale, car en parallèle, les seniors sont également vus comme les détenteurs de la mémoire de l’entreprise. Ils sont considérés comme plus fiables et autonomes, et capables de transmettre leurs compétences.

 

Seniors : des qualités précieuses pour l’entreprise

L’atout majeur des seniors est indéniablement leur expertise. Les années d’expérience leur ont permis d’acquérir maturité, recul, écoute mais aussi liberté de parole.

Une des principales qualités des seniors est leur capacité d’adaptation. Après des années passées dans différents secteurs, au sein de diverses entreprises, ils peuvent s’adapter à de nombreuses problématiques. Grâce à son parcours diversifié, le salarié senior se connaît bien, et connaît donc ses forces et ses faiblesses.

L’efficacité des seniors est également un atout précieux pour leur employeur, car elle est bénéfique pour l’image de marque. De plus, elle confère au senior le statut recherché de pilier au sein de l’entreprise. L’expérience ajoutée à la capacité d’adaptation constitue une combinaison gagnante pour les recruteurs.

Les seniors sont des salariés stables. Ils connaissent la culture de l’entreprise et ses rouages, et ont moins de choses à prouver qu’un salarié junior. Une fois en place, le senior n’aura pas peur de s’engager pour les 10 ans à venir. Il sera plus difficile à débaucher, et n’utilisera pas son poste actuel comme un tremplin. La stabilité des seniors permet de lutter contre la perte des savoir-faire, c’est donc un atout incontestable pour l’entreprise.

 

Les avantages à l’embauche des seniors

Même si le contrat de génération a été supprimé, l’État encourage l’embauche et le maintien dans l’emploi des seniors. La conclusion d’accords et de plan d’action seniors figurent d’ailleurs dans les obligations des employeurs.

Un CDD senior, faisant l’objet de règles plus souples, a également été créé pour favoriser l’embauche des seniors. Son atout principal : il n’est pas nécessaire de préciser le motif du recours au CDD. Il n’y a pas non plus de délai de carence, et la durée du contrat peut atteindre 36 mois. Le salarié, inscrit à Pôle Emploi, doit être âgé de 57 ans ou plus pour en bénéficier. Ce procédé lui permet de continuer à cotiser avant sa retraite, et donc de valider des trimestres supplémentaires. Il offre également plus de flexibilité aux employeurs. Il leur permet de recruter des salariés expérimentés qui pourront transmettre leurs connaissances au sein de l’entreprise.

La seconde mesure phare pour l’emploi des seniors concerne le contrat de professionnalisation. L’employeur qui a recours à ce contrat pour un salarié de 45 ans et plus peut obtenir une aide. D’un montant de 2 000 euros, elle est versée à condition que le candidat soit inscrit comme demandeur d’emploi. Ce type d’embauche permet aux seniors d’acquérir de nouvelles qualifications professionnelles grâce aux actions de formation.

Aujourd’hui, entre reconversion, nouveau métier ou changement de vie, les seniors ne manquent pas de ressources. En effet, la proportion d’entrepreneurs chez les adultes de 50 à 64 ans monte à 18%. Ce chiffre est supérieur de 7% à celui des moins de 30 ans.

En entreprise, les seniors restent fréquemment en poste après 60 ans. Ils sont désormais capables de s’adapter au changement et de rester performants jusqu’à l’âge de la retraite.