En France, l’absentéisme au travail connaît une croissance importante depuis quelques années. Ce phénomène a des effets néfastes sur l’entreprise et les travailleurs : surcroît de travail, stress, surcoût financier… Afin de faire reculer l’absentéisme, il est important de comprendre ses mécanismes. Quels sont les salariés les plus touchés, quelles sont les raisons de cet absentéisme, et comment l’endiguer ?

 

Qui est concerné par l’absentéisme ?

Pour rappel, l’absentéisme prend en compte les motifs suivants :

  • Arrêts maladie,
  • Accidents de travail,
  • Maladies professionnelles,
  • Accidents de trajet entre le domicile et le lieu de travail.

En sont exclus les congés maternité et paternité, ainsi que les absences injustifiées.

Parmi les salariés français, l’absentéisme touche davantage les femmes (5,30%) que les hommes (3,54%). En cause tout d’abord, les arrêts maladie corrélés à la grossesse, intervenant avant ou après le congé maternité. Autre facteur déterminant, le type de poste exercé. En effet, les salariées féminines sont plus exposées aux troubles musculo-squelettiques pouvant déboucher sur des arrêts de travail. Enfin, les femmes sont plus souvent en situation monoparentale. Cela peut augmenter le stress et la fatigue, et rendre les problèmes de santé existants plus difficiles à gérer.

Autre frange de la population particulièrement touchée par l’absentéisme, les seniors (7,55 % chez les travailleurs de 55 ans et plus.) Ce n’est pas la fréquence des absences qui est ici notable mais la durée. On relève un fort pourcentage d’absences de longue durée dues à des maladies graves, plus longues à soigner. À l’inverse, les salariés de moins de 40 ans s’absentent plus souvent, mais pour des durées plus courtes.

Les secteurs d’activité montrant les plus forts taux d’absentéisme sont la santé, l’industrie et le commerce. Dans le secteur des services, en revanche, ce taux est en baisse.

Les taux diffèrent également en fonction du secteur géographique. L’Île-de-France présente le taux d’absentéisme le plus faible, tandis que le Nord-Est est le plus touché.

 

Les causes de l’absentéisme

Les causes de l’absentéisme en entreprise sont très diverses. Elles relèvent de facteurs collectifs ou de facteurs personnels.

Parmi les facteurs personnels, on retrouve l’âge, l’état de santé, ou encore le contexte familial. L’état de santé est le facteur personnel majoritaire, mais il est parfois indirect. Un exemple : avec le vieillissement de la population, le nombre de personnes dépendantes augmente. De plus en plus de salariés, en charge de ces personnes, doivent donc parfois s’absenter de leur travail.

Les facteurs collectifs sont les facteurs inhérents non plus à la personne mais à l’entreprise qui l’emploie. On peut citer : les conditions de travail, le climat social, le type de management, ou la charge de travail. D’autres facteurs, plus insidieux, doivent néanmoins être pris en compte. Des difficultés relationnelles, ou un sentiment de manque de reconnaissance peuvent mener à une baisse de la motivation. Or, sur le long terme, l’insatisfaction est un facteur d’augmentation de l’absentéisme.

Ces facteurs collectifs et personnels, lorsqu’ils s’additionnent, augmentent ainsi le risque d’accident ou de maladie. Les salariés qui cumulent ces facteurs auront donc besoin d’une attention accrue.

 

Une croissance inquiétante : les chiffres en France et en Europe

Depuis plusieurs années, les chiffres relatifs à l’absentéisme ne cessent d’augmenter au sein de l’Union Européenne.

En France, le taux global est passé de 4,59% en 2016 à 4,72% en 2017, pour atteindre 5,10% en 2018. Si l’on compare ce dernier chiffre à d’autres pays européens, on constate que la France est dans la moyenne haute. Quelques exemples de taux d’absentéisme pour l’année 2018 :

  • 5,9 % en Norvège,
  • 5,54 % en Belgique,
  • 4,3 % au Pays Bas,
  • 3,88 % au Luxembourg,
  • 2 % en Grande Bretagne.

Même si des disparités importantes existent entre les pays, l’absentéisme reste un problème majeur pour les entreprises européennes.

Le nombre de jours d’absence par salarié et par an était de 17,2 en France en 2017, contre 19 pour l’Italie. Il est passé à 18,6 jours en 2018 pour la France. Entre 2017 et 2018, on note également une progression de 10% des arrêts de longue durée en France. (Il s’agit des arrêts d’une durée de 3 mois et plus.)

Cette augmentation des taux est loin d’être anecdotique. Pour la France, le taux d’absentéisme entre 2017 et 2018 a augmenté de 8%.

Il est nécessaire de mettre en place des solutions permettant de limiter ce phénomène. Cela permettra d’assurer à la fois le bien-être des salariés et la santé des entreprises.

 

Les solutions pour lutter contre l’absentéisme

Dans la lutte contre l’absentéisme, le rôle de la fonction RH est central. En effet, ce sont les ressources humaines qui peuvent mener une réflexion et impulser les changements qui feront la différence.

Parmi les pistes de travail les plus efficaces, on dénombre :

 

La DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) est rattachée au Ministère du Travail. À ce titre, elle mène une réflexion sur les conditions de travail des salariés. Selon elle, la moitié des arrêts pourraient être évités. Comment ? En réorganisant le travail et en utilisant des outils mieux adaptés.

Le groupe Onet, dont fait partie Axxis Intérim et Recrutement, accorde une grande importance au bien-être et à la sécurité. ONET a pour objectif d’installer durablement une véritable culture santé et sécurité dans l’ensemble du Groupe. Ainsi, en 2019, le taux de fréquence des accidents de travail a diminué de 7% par rapport à 2018. Le nombre de maladies professionnelles a également diminué de 39%. Afin de réduire les TMS, un programme de prévention a été mis en place il y a quelques années. Une démarche de prévention des risques psychosociaux a également été instaurée, ainsi qu’une démarche qualité de vie au travail. Le but étant d’améliorer les conditions de travail, de favoriser l’engagement des collaborateurs et d’améliorer la performance de l’entreprise.

Les possibilités sont nombreuses, et il n’existe pas de solution universelle. Chaque entreprise doit mener à bien sa propre réflexion, en fonction de ses caractéristiques et de ses priorités.

Ainsi, la réduction de l’absentéisme profitera à toutes les parties prenantes de l’entreprise.

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