Embaucher des personnes issues des quartiers prioritaires de la politique de la ville s’apparente à un partenariat gagnant-gagnant. La preuve en quelques points clés.

 

Les quartiers sensibles, des difficultés à combattre

Les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) rassemblent plus de 5 millions de personnes. Dénuement, problèmes de sécurité, enclavement… A ces difficultés massives s’ajoute un taux de chômage de 25%, soit 3 fois plus élevé que la moyenne nationale. L’étude sur la situation des jeunes sur le marché du travail réalisée par l’observatoire national de la politique de la ville est à cet égard, particulièrement éclairante.

Elle souligne la situation préoccupante des 15-29 ans vivant dans les quartiers prioritaires en 2016. Seuls 30% sont en emploi contre 45,4% dans les autres quartiers les entourant. Près d’un jeune sur cinq se trouve en inactivité (ni travail, ni formation ni études) au lieu de 8,3% pour les autres.
Une étude* du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq) s’intéresse par ailleurs aux plus diplômés.

Elle pointe, à diplôme égal, une pénalité dans l’accès à l’emploi : 2 points de taux de chômage supplémentaires pour les diplômés Bac + 5 et au-delà ; 14 points pour les titulaires d’un CAP ou d’un BEP.

 

Les quartiers sensibles, un vivier de talents

Au-delà des chiffres, le développement des quartiers prioritaires constitue un élément essentiel pour bâtir la cohésion territoriale. Embaucher des personnes vivant dans ces quartiers enclavés représente une opportunité pour les deux parties.

En effet, pour les nouvelles recrues, c’est une chance à saisir en vue d’entamer un parcours professionnel. Et pour les entreprises, c’est l’occasion d’une découverte surprenante : la diversité peut être source de performance économique.

Motivation et volonté de réussir caractérisent de nombreux candidats issus de ces quartiers. En leur faisant confiance, les entreprises montrent leur souhait d’être en phase avec la société, et leur ambition d’en refléter toute la diversité.

Favoriser la mixité sociale est d’ailleurs un engagement récurrent dans les politiques de responsabilité sociale d’entreprises (RSE). Les employeurs recourant à ce type de recrutement luttent concrètement contre les inégalités inhérentes au statut social, à la situation financière et à l’origine territoriale.

 

Des avancées prometteuses

De son côté, le groupe Onet auquel appartient Axxis Intérim & Recrutement, se mobilise également pour renforcer la diversité. Dans le cadre de sa politique RSE, il développe de nombreuses actions d’insertion afin d’accompagner des personnes éloignées de l’emploi.

Onet a par exemple, initié un partenariat avec l’association Nos quartiers ont du talent. Celle-ci a pour objectif d’accompagner individuellement les jeunes diplômés vers l’emploi et l’alternance.

Dans ce cadre, Delphine Robert, Chargée de Missions RH et Référente Diversité chez Axxis Intérim & Recrutement s’engage pour la 3ème année consécutive : « Je suis bénévole dans cette association. J’interviens dans l’accompagnement individuel des jeunes diplômés, mais aussi dans l’aide à l’élaboration du projet professionnel et sur des simulations de job dating**. Chez Axxis Intérim & Recrutement, nous connaissons bien cette population : de nombreux jeunes intérimaires sont issus des quartiers prioritaires de la ville. Notre politique diversité s’appuie donc sur une forte sensibilisation de nos collaborateurs. Celle-ci fait partie également des points abordés lors des journées d’intégration pour les nouvelles recrues».

Peu à peu les mentalités changent et les faits le prouvent. Au 4ème trimestre 2017, la baisse du chômage était plus importante dans les QPV (0,8%) par rapport à la moyenne nationale (0,2%). Au total, entre 2015 et 2017, ces quartiers comptent 27 000 demandeurs d’emploi de moins. Les chiffres des demandeurs d’emploi dans les QPV par trimestre sont à retrouver sur le site internet de l’INSEE

 

Les emplois francs, un dispositif prometteur

Du 1er avril 2018 au 31 décembre 2019, un dispositif dit des emplois francs est expérimenté dans 194 quartiers sur plusieurs territoires :

  • le département de Seine-Saint Denis
  • les agglomérations de Roissy Pays de France et de Cergy-Pontoise dans le Val d’Oise
  • le territoire de Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart englobant Évry et Grigny dans l’Essonne et la Seine-et-Marne
  • la métropole européenne de Lille (MEL)
  • la métropole d’Aix-Marseille-Provence
  • la communauté urbaine d’Angers Loire Métropole

Onet a signé ses premiers emplois francs dès le 18 avril 2018. La généralisation du dispositif des emplois francs devrait se dérouler en 2020. L’objectif est de promouvoir l’égalité des chances d’accès à un emploi durable (6 mois minimum). Créés en 2013, les emplois francs avaient été supprimés en juillet 2015, faute de succès. Le dispositif a été totalement revu et s’adresse à tout demandeur d’emploi, peu importe son âge ou son niveau de diplôme. Il repose sur un principe simple : une entreprise recrutant un chômeur résidant dans certains QPV peut recevoir une aide financière annuelle. L’employeur doit au préalable vérifier si le quartier concerné fait partie d’une liste fixée par un arrêté. Pour plus de sûreté, il peut renseigner l’adresse du candidat sur un site Internet dédié.

Puis, un CDD ou un CDI est signé entre l’entreprise et le salarié pour un minimum de six mois, à temps plein ou à temps partiel.

 

Une aide financière reconductible

L’aide financière, accordée pour trois ans maximum, se décompose comme suit pour un emploi à temps complet :

  • 5 000 € par an pour un recrutement en CDI
  • 2 500 € par an pour un recrutement en CDD de 6 mois minimum

Pour y avoir droit, l’employeur doit respecter plusieurs critères :

  • ne pas avoir réalisé un licenciement économique sur le poste à pourvoir dans les 6 mois précédant le recrutement
  • être à jour de ses obligations déclaratives et de paiement au niveau fiscal et en termes de cotisations et contributions sociales.

Il reste à l’employeur à déposer sa demande d’aide financière auprès de Pôle Emploi dans les deux mois suivant la date de signature du contrat de travail. La subvention est ensuite versée tous les semestres. L’employeur doit produire lors de chaque paiement, une attestation de présence du salarié recruté en emploi franc dans ses effectifs.

Outre le dispositif des emplois francs, le gouvernement a initié d’autres mesures visant à soutenir l’égalité de tous face à l’accès à l’emploi :

  • Doublement du nombre d’apprentis issus des QPV. Objectif : 35 000 apprentis
  • Accompagnement de 100 000 jeunes des quartiers dans leur insertion professionnelle
  • Soutien aux entrepreneurs des quartiers
  • Création de clauses sociales dans les chantiers des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024

 

  * « Quand l’école est finie. Premiers pas dans la vie active de la Génération 2013 », Cereq Enquêtes n°1, octobre 2017

** entretien d’embauche de 7 à 10 minutes

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