Les générations* Y et Z font l’objet de nombreuses études visant à mieux saisir leur rapport au travail. Quelles sont leurs attentes, leurs motivations ? En quoi diffèrent-elles de leurs aînées ? Quelques clés de compréhension

X, Y, Z, trois générations en toutes lettres

Digital Native : tel est le terme associé le plus souvent aux générations Y et Z pour rappeler leur naissance dans un monde marqué par la présence de l’informatique. Arrivée juste après la génération X (personnes nées entre 1961 et 1981), la génération Y regroupe près de 13 millions de jeunes de 23 à 39 ans. La génération Z, de son côté, rassemble environ 16 millions de jeunes nés après 1994. Ces deux catégories représentent plus de 40% de la population française. Elles font naître de nombreuses interrogations associées à des stéréotypes : ces jeunes seraient moins enclins au travail, moins patients, moins fidèles vis-à-vis de leur employeur. On les dit par ailleurs plus créatifs, plus connectés et plus à l’aise avec les activités multitâches. Au–delà de ces qualificatifs, chaque génération rassemble des individus aux caractéristiques parfois similaires mais aussi avec des spécificités propres. Et certains adjectifs accolés à ces générations correspondent plus globalement au caractère attribué de tout temps à la jeunesse. C’est pourquoi mieux vaut nuancer l’ensemble de ces généralités.

 

La génération Y à la loupe

Les jeunes de la génération Y ont vécu l’arrivée d’internet et connu l’accélération technologique dans plusieurs aspects de leur quotidien. Ils ont intégré l’idée d’une information immédiate et quasi illimitée. Ils ont ainsi acquis une forme d’autonomie et d’agilité très bénéfiques pour affronter des situations professionnelles en dents de scie. Leur parcours est en effet bien moins stable par rapport à celui de leurs aînés. Cette génération a également subi les effets de la crise : parents au chômage malgré une fidélité exemplaire à leur entreprise, marché de l’emploi difficile… Autant de faits expliquant un moins grand attachement de ces jeunes vis-à-vis de leur entreprise. Autre conséquence : cette génération aspire à un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Les horaires de travail, l’existence de RTT, les congés… sont des critères importants dans leur choix d’une entreprise. Leur habitude du numérique conduit par ailleurs certains d’entre eux à créer des startups et à être les principaux acteurs de l’économie collaborative. Plus globalement, ces enfants de la « génération Dolto » affichent une méfiance vis-à-vis de l’organisation pyramidale et de l’autorité hiérarchique.

 

Zoom sur la génération Z

Baptisée « génération du pouce » suite à l’utilisation permanente du Smartphone, la génération Z se caractérise par son aptitude à zapper d’un contenu à l’autre. Certains de ces jeunes présentent d’ailleurs des difficultés de concentration à force de lire des contenus courts et intermittents sur les réseaux sociaux. À la moindre question ou face à la plus petite difficulté, nombreux ont le réflexe de chercher la réponse sur Google. L’art du mouvement étant leur seconde nature, les jeunes de la génération Z sont associés au terme « slasher » signifiant le fait de cumuler plusieurs activités. Pour 64% d’entre eux, exercer plusieurs activités professionnelles en même temps sera de fait, la norme dans dix ans, selon une étude réalisée par Ipsos fin 2017 [https://www.ipsos.com/fr-fr/revolutionwork-de-la-peur-lattente-0].

Les jeunes de la génération Z font preuve d’un remarquable esprit d’adaptation face aux évolutions du marché : croissance des contrats courts, taux de chômage élevé, arrivée de nouveaux métiers… Dans les faits, un sur deux privilégie le statut d’intérimaire ou de « free-lance ». Cette recherche de souplesse explique le nombre important de jeunes parmi les personnes inscrites chez Axxis Intérim et Recrutement. Une présence en cohérence avec les résultats de l’étude Regards croisés de l’Observatoire de l’intérim et du recrutement [https://www.axxis-interimetrecrutement.com/candidat-interimaire/et-vous-quelle-image-avez-vous-de-linterim/ ] : 56% des intérimaires inscrits au cours de l’année écoulée avaient moins de 25 ans au moment de leur inscription. Et 15% avaient entre 25 et 29 ans. La majorité, c’est-à-dire 51%, choisissent l’intérim dans une logique d’accès à l’emploi : pour obtenir rapidement un emploi ou faute de trouver un CDD ou un CDI.

[Pour lire les résultats complets de l’étude : http://observatoire-interim-recrutement.fr/]

 

Quelles réponses face aux attentes des générations Y et Z ?

  • Encourager le style participatif. Cela signifie offrir aux générations Y et Z la parole, privilégier le management horizontal (confiance et accompagnement) au lieu d’une hiérarchie autoritariste.
  • Expliquer le sens de leur travail. Une majorité écrasante de jeunes Y placent ce critère bien avant la notion de profit.
  • Soigner sa e-réputation et sa marque employeur. Ces candidats se renseignent en profondeur sur l’entreprise ou la mission susceptibles de les intéresser.
  • Proposer des formations. Certaines études prédisent un avenir professionnel composé de plus de dix emplois différents durant une carrière. Se former constitue pour ces générations, un levier indispensable en vue de s’adapter à la flexibilité du marché de l’emploi.
  • Améliorer la qualité de vie au travail via des espaces différents (collaboratifs, isolés..), des services adaptés aux attentes (conciergerie, …), des possibilités de télétravail ou d’aménagement du temps de travail, etc.
  • Proposer une diversité de tâches ou de missions. Ce fonctionnement correspond mieux à ces jeunes capables de zapper d’une fenêtre à l’autre sur leur ordinateur en un temps record.

 

Pour résumer, comme le montre l’étude Millenial Survey 2018 du cabinet Deloitte   [https://www2.deloitte.com/fr/fr/pages/talents-et-ressources-humaines/articles/millennial-survey.html],  les jeunes Y et Z sont à la recherche d’expériences épanouissantes alliant travail, plaisir, formation et autonomie : 55% aspirent à plus de flexibilité en matière d’horaires et de lieu de travail, 49% souhaiteraient travailler au sein d’une organisation dotée d’une vraie culture d’entreprise, et 35% préfèrent travailler dans une entreprise leur proposant un apprentissage continu.

 

Dernière règle et non des moindres pour répondre aux attentes des générations Y et Z : privilégier la mixité générationnelle. Mettre en place des équipes mêlant seniors et jeunes permet de faire émerger le plus souvent, le meilleur de chaque génération en créant une véritable synergie. Ce résultat peut aussi s’obtenir par des systèmes de tutorat ou de parrainage favorisant le transfert des savoirs et la proximité professionnelle.

 

 *Il n’existe pas d’unanimité au sujet des dates exactes représentées par chaque génération. Celles présentées dans cet article correspondent à l’opinion majoritaire exprimée dans les travaux sur les différentes générations dans le milieu du travail

 

 

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