Avec la digitalisation du monde professionnel, le télétravail est en passe de devenir la norme. Le recours au travail à distance est en augmentation constante dans le monde. Mais n’y trouve-t-on que des avantages ?

 

Le télétravail en chiffres

En Europe, ce sont les pays du nord qui pratiquent le plus le télétravail. La Finlande culmine à 32,4%, devant la Belgique, la Suède, le Royaume-Uni, et enfin l’Allemagne (18,8%). Les pays du sud sont loin derrière : seulement 5% en Italie et 2% en Grèce.

La France se situe dans une moyenne, avec 16,7% de la population active qui télétravaille plus d’un jour par semaine. Parmi ces français, on retrouve tous les types de travailleurs. En effet, 48% sont dans le secteur privé, 35% sont free-lance ou indépendants, et 17% officient dans le secteur public. Le travail à domicile est plébiscité à près de 47%, devant l’espace de coworking ou le bureau satellite.

Les secteurs d’activité pratiquant le plus le télétravail sont l’information et la communication.

 

Une situation en augmentation, mais des inquiétudes qui perdurent

Fondées ou non, des craintes persistent, chez les managers comme chez les salariés.

Du côté des employés, la peur du jugement peut être présente. Le culte du présentéisme est encore enraciné dans les mentalités en France. Le télétravailleur peut donc se voir comme un privilégié, qui doit travailler plus pour se justifier. Une bonne communication avec ses collègues, et surtout sa hiérarchie, est indispensable pour éviter tout malentendu.

L’isolement social est un écueil qui pourra rebuter certains travailleurs. Passer toute une journée chez soi, sans sortir et sans contact humain est parfois vécu comme une situation anxiogène.

Côté employeur, l’inquiétude majeure reste la perte de l’esprit d’équipe, indispensable à une bonne dynamique d’entreprise. L’éparpillement des salariés peut éroder ce sentiment d’appartenance, c’est donc un risque à mesurer attentivement.

En parallèle, devoir manager à distance est considéré comme une difficulté supplémentaire pour nombre de dirigeants.

La solution : limiter le télétravail à 1 ou 2 jours par semaine, afin de conserver une bonne cohésion d’entreprise. C’est déjà le cas dans la plupart des sociétés qui le pratiquent.

 

Travail à distance : des avantages indéniables

Le principal argument en faveur du télétravail est bien sûr la réduction du temps de transport. Pour ceux qui passent des heures dans les bouchons, le gain de temps et d’énergie est évident. En parallèle, la préoccupation écologique et la réduction des émissions de CO2 sont également présentes dans les esprits.

Le télétravail serait aussi bénéfique pour la concentration. Les télétravailleurs réservent souvent les tâches les plus complexes aux jours passés hors du bureau, surtout s’il s’agit d’un open-space.

Pour les dirigeants, le recours au télétravail développe l’autonomie des collaborateurs et les responsabilise. Ceux-ci se sentent plus impliqués dans leur travail, tout en ressentant un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

De plus, le télétravail s’inscrit dans une politique RH de fidélisation des collaborateurs, et projette une image favorable de l’entreprise.

L’avantage économique n’est pas non plus négligeable. A une échelle globale, on peut imaginer une réduction de la taille et donc du coût des bureaux.

 

Les nouvelles dispositions : ce qui change en 2018

La loi du 29 mars 2018 ratifie l’ordonnance du 22 septembre 2017 destinée à renforcer le dialogue social. Elle facilite le recours au télétravail, et protège le salarié :

  • Les modalités de mise en place sont maintenant plus souples. Un contrat ou un avenant ne sont plus nécessaires pour mettre en place le télétravail au sein d’une entreprise. Un accord collectif ou une charte interne peuvent désormais suffire à l’instaurer ou le modifier.
  • De même, les jours télé travaillés peuvent être choisis librement entre le salarié et son employeur. Le jour fixe de télétravail n’est plus obligatoire.
  • Les droits et obligations sont les mêmes pour les télétravailleurs et pour les travailleurs sur site. Le temps de travail est identique pour tous les salariés, qu’ils soient à distance ou sur place. Le niveau d’information syndicale et salariale doit également être le même.
  • Tout incident intervenant durant le temps de travail, même à domicile, sera considéré comme un accident du travail. Les ordonnances mettent en place une présomption d’accident du travail.
  • La prise en charge des frais liés au télétravail (internet, chauffage, électricité…) n’est plus obligatoirement due par la société. Le salarié et son employeur négocient désormais entre eux afin de savoir qui va les payer.
  • Si l’employeur refuse à son salarié l’accès au télétravail, il doit motiver sa réponse.

A l’inverse, pour un salarié, refuser le télétravail ne constitue pas un motif de rupture du contrat de travail. Une exception : en cas de circonstances exceptionnelles (épidémie par exemple) ou en cas de force majeure, le télétravail peut être imposé sans l’accord des salariés.

 

Plus d’informations sur le télétravail :

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F13851