Le trajet domicile-travail représente aujourd’hui 50 minutes chaque jour en moyenne, soit 10 minutes de plus qu’en 1998. La question du transport recouvre diverses problématiques : préservation de l’environnement, gestion du temps, préoccupation économique. Parmi les modes de transport existants, les alternatives émergentes, tel que le covoiturage, sont-elles la solution ?

 

 

Les modes de transport plébiscités par les salariés en France

Une étude de l’INSEE parue en 2017 dresse le bilan des moyens de locomotion les plus utilisés :

  • La voiture : 70%
  • Les transports en commun : 14,8%
  • La marche à pied : plus de 6%
  • Le vélo : 2%.

Sans surprise, la voiture obtient une majorité écrasante, même pour les trajets très courts inférieurs à 1 km. À noter que le recours à la voiture est inversement proportionnel à la taille de l’agglomération. Ainsi, dans les villes de moins de 200 000 habitants, 56% des travailleurs y ont recours. Le pourcentage baisse à 48% dans les villes de plus de 200 000 habitants. Paris fait figure d’exception avec seulement 12% des actifs utilisant leur voiture pour les trajets domicile-travail.

En seconde position, les transports en commun observent une progression, notamment auprès des femmes. En régression, la marche à pied est privilégiée pour les trajets les plus courts. À partir de 5 km, c’est le vélo qui lui est préféré. La pratique du vélo concerne seulement 2% de la population active, de préférence urbaine. Les cyclistes, s’ils sont minoritaires, sont néanmoins fidèles à leurs habitudes quel que soit leur âge.

Cette prééminence de l’utilisation de la voiture pose des problèmes tant sur le plan environnemental qu’économique. Les pics d’ozone et les restrictions de circulation, de plus en plus fréquents, rendent l’utilisation de la voiture contraignante. D’autre part, le budget alloué à l’automobile ne cesse d’augmenter, notamment à cause de la flambée des prix du carburant.

 

 

Hausse des prix du carburant : quel impact pour les travailleurs ?

En novembre 2018, le litre de SP 95 coûtait 1,55€, contre 1,52€ pour le litre de gazole. Cette hausse est due à 2 facteurs :

  • l’augmentation du prix du baril de pétrole;
  • l’augmentation des taxes sur le carburant, avec notamment la taxe carbone. Celle-ci a impacté le prix du gazole de 7,6 centimes par litre, et le prix de l’essence de 3,9 centimes.

Le prix du gasoil rejoint donc presque celui du sans plomb, mettant fin à des décennies de politique incitative pro-diesel. Les effets de cette hausse sont désormais visibles : le nombre de voitures diesel en circulation chute. En 2012, ¾ du parc automobile français était constitué de voitures diesel. En 2017, il passe sous le seuil des 50%, pour descendre à 40% en 2018.

Pour rappel, les taxes collectées par l’État constituent une part majoritaire du prix du carburant. Ainsi, en mai 2018, elles s’élevaient à 58,6% pour le gazole, contre 61,4% pour le SP 95.

Pour résumer, entre 2010 et 2018, le prix du gazole a augmenté de 42%, et celui du SP 95 de 20,9%. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, les voitures ne consomment pas beaucoup moins qu’il y a 30 ans. En 1990, une voiture essence consommait en moyenne 8l/100 km, contre 7 litres en 2018. Idem pour le diesel : 6,7 l/100 km en 1990, et 6 l/100 km en 2018.

Cette hausse constante des prix du carburant incite de nombreux travailleurs à repenser leurs habitudes au quotidien. Elle peut également être un frein lors d’une recherche d’emploi. Ainsi, 81% des français renonceraient à postuler à une offre éloignée de leur domicile à cause du prix du carburant.

 

 

Comment fonctionne le covoiturage

Depuis quelques années, le partage et la mutualisation des services commencent à entrer dans nos habitudes de consommation. La pratique du covoiturage fait partie intégrante de cette tendance de fond.

Le covoiturage est défini dans la loi relative à la transition énergétique pour une croissance verte (TECV) datant de 2015. Il s’agit de « l’utilisation en commun d’un véhicule terrestre à moteur par un conducteur et un ou plusieurs passagers, effectuée à titre non onéreux, excepté le partage des frais, dans le cadre d’un déplacement que le conducteur effectue pour son propre compte ».

Il peut s’effectuer de manière informelle entre particuliers, ou bien par le biais de plateformes spécialisées. Parmi elles, on peut citer BlaBlaCar, RoulezMalin, Klaxit, ou encore LaRoueVerte.

Attention, certains principes de base doivent être respectés par le conducteur :

  • Il n’a pas le droit de retirer de bénéfice de la pratique du covoiturage. Si tel était le cas, il serait considéré comme un chauffeur professionnel VTC et serait passible de poursuites.
  • Il doit avoir souscrit une assurance responsabilité civile servant à protéger ses passagers.
  • Il ne peut utiliser son véhicule de fonction pour faire du covoiturage sans l’accord express de son employeur.

 

 

Le covoiturage en France

Il est la plupart du temps pratiqué pour des trajets ponctuels de moyenne ou longue distance. En 2015, 11 millions de trajets longue distance ont été effectués par le biais du covoiturage. Il semble plus difficile à mettre en place pour des trajets domicile-travail, car les contraintes sont plus nombreuses.

Malgré cela, le covoiturage semble entrer dans les mœurs, et s’étendre peu à peu à toutes les catégories de population. Il n’est plus l’apanage des jeunes ni des urbains. On le retrouve désormais dans les communes rurales et chez les personnes plus âgées.

Pour ceux qui y ont recours, l’avantage principal est financier : le covoiturage permet de faire des économies substantielles. Pratiqué de manière régulière, il peut réduire les frais liés à l’automobile de 50% environ. L’ADEME* a calculé une économie d’environ 100€/mois pour un trajet domicile-travail de 15 km.

Grâce à la loi TECV, des mesures concrètes ont été mises en place en faveur du covoiturage :

  • Les plans de mobilité, ou plans de déplacement d’entreprises. Depuis le 1er janvier 2018, ils sont obligatoires pour toutes les entreprises de plus de 100 collaborateurs.
  • Les entreprises et collectivités dont l’effectif dépasse 250 salariés sont encouragées à développer des aires de covoiturage.
  • Les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) sont elles soumises à l’obligation de mettre en place ce type d’aires.

*Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

 

 

Pour aller plus loin 

Les statistiques 2018 du CCFA (Comité des Constructeurs Français d’Automobiles) : http://ccfa.fr/wp-content/uploads/2018/09/analyse_statistiques_2018_fr.pdf

L’étude de l’INSEE relative aux modes de transport en France : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2557426#graphique-Figure8

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