Au cours des 25 dernières années, le panorama des embauches et des ruptures en CDI et CDD a beaucoup changé. Si les salariés travaillent toujours en majorité en CDI, les embauches en CDD de moins d’un mois ont le vent en poupe.

 

La proportion de salariés travaillant en CDI reste écrasante, mais la plupart des embauches s’effectuent à présent en CDD. C’est l’une des conclusions de l’étude publiée par la Dares* le 21 juin sur « les embauches et les ruptures de contrat durant les 25 dernières années ».

Celle-ci pointe par ailleurs une durée de contrats de plus en plus courte. C’est notamment le cas dans les secteurs médico-social, de la restauration ou de l’audiovisuel.

 

Des CDD en forte progression

Le recrutement en CDI s’élevait à 94% en 1982 ; il affiche une légère baisse pour atteindre 88% (hors intérim) en 2017. Depuis la fin des années 1990, le taux d’entrée en CDI, c’est-à-dire le ratio entre les embauches en CDI et les effectifs de l’établissement, n’a cessé de fluctuer. Ces changements sont liés à l’environnement économique. En période de croissance, le taux s’élève et il repart à la baisse en cas de situation moins favorable. De son côté, le taux d’embauches en CDD est passé de 76% en 1993 à 87% en 2017. Concernant les entreprises de plus de 50 salariés, la hausse du taux d’entrée en CDD est encore plus flagrante : elle a été en effet multipliée par plus de quatre depuis 1993. À cette période, le ratio était de 20,5%. En 2017, il atteint 84%. Entre ces deux dates, on note une augmentation en deux temps : une hausse modérée de 1993 à 2000, puis une période de stabilité suivie d’une hausse plus conséquente dès le milieu des années 2000.

 

Un choix assumé

Les employeurs interrogés sur leur recours important au CDD en 2016 l’expliquent par plusieurs raisons. Ils invoquent des « besoins limités dans le temps » et une « incertitude vis-à-vis de la conjoncture économique ». Certains soulignent la nécessité de « tester les compétences d’un salarié avant d’opter pour un recrutement plus durable ». Ce positionnement se retrouve plus particulièrement dans des secteurs très demandeurs en CDD : l’hébergement médico-social, la santé, l’hôtellerie-restauration, l’audiovisuel, l’édition, les services administratifs. Plus globalement, les établissements du secteur tertiaire affichent une nette préférence pour les embauches en CDD au contraire des secteurs de l’industrie et de la construction. Ainsi, dans les établissements de plus de 50 salariés, le taux d’entrée en CDD dans le tertiaire se hisse à 109% en 2017. Celui de la construction et de l’industrie plafonne respectivement à 5 et 9%. Ces derniers optent pour des contrats temporaires certes, mais via l’intérim : c’est le cas de 96% des contrats signés en 2017. En revanche, dans le secteur tertiaire, les embauches en contrat temporaire atteignent 42% seulement. Au final, en 2017, le nombre d’embauches en CDD et intérim cumulés avoisine les 200 pour 100 salariés. Ce panorama contrasté montre la nécessité d’une réponse adaptée selon les secteurs. À cet égard, Axxis Intérim et Recrutement propose aux entreprises de la délégation de personnel en travail temporaire, mais aussi des recrutements en CDD et CDI, voire CDI Intérimaire.

 

Une forte proportion de CDD très courts

L’étude s’attarde par ailleurs sur un phénomène semble-t-il durable. Entre 2001 et 2007, la durée moyenne d’un CDD été divisée par plus de deux. Elle est en effet passée de 112 à 46 jours. En 1998, les contrats de moins d’un mois représentaient 57% des CDD. En 2017, la proportion est de 83%. L’infléchissement vers des durées de plus en plus courtes se confirme : 30% des CDD ne durent qu’une seule journée. Comme le souligne d’ailleurs la Dares, « souvent les mêmes personnes enchaînent ces contrats très courts ». Ainsi, 40% des salariés cumulent 3,5 CDD de moins d’un mois en moyenne par trimestre. La diminution de la durée moyenne des CDD entraîne logiquement une « hausse du nombre de CDD successifs pour un volume de travail donné. »

 

Une dualisation du marché des embauches

Le marché du travail marque une frontière de plus en plus nette entre les salariés en CDI et les autres, cumulant les contrats courts. Il se distingue par ailleurs par un taux de rotation de la main d’œuvre en forte croissance. Il évolue de 29% en 1993 à 96% en 2017. Cette augmentation s’explique par le déploiement plus important des CDD très courts et la stabilité du recours au CDI. Un autre changement important résulte de l’instauration des ruptures conventionnelles en 2008. Celles-ci ont provoqué une « baisse tendancielle » des démissions et des licenciements économiques.

 

 

* La direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques dépend du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social